Revue Rose-Croix – Été 2020
 Sommaire

Revue Rose-Croix été 2020

  • L’Âme de la Nature, par J.-G. Riant
  • Le sacre des Rois de France, par C. Faux
  • De l’influence de la Lune sur notre santé, par B. Baudras
  • Mythologies, mythes, légendes d’hier et d’aujourd’hui, par O. Giunta
  • Attention, une erreur peut en cacher une autre ! par M. Auzas-Mille
  • Documents d’Archives de l’A.M.O.R.C. : Recueil d’écrits et de livres de Paracelse

De l’influence de la Lune sur notre santé

Article sélectionné dans ce numéro : N° 274 : Été 2020

Des centaines de textes médicaux anciens et récents font état de l’influence de la Lune sur la santé. Aux Indes, notamment, certains remontent jusqu’à quinze siècles avant notre ère. Les pères grecs de la médecine occidentale tels que Galien, Hippocrate ou Ptolémée, ont eux aussi laissé des textes évocateurs. Des témoignages modernes, il ressort trois grandes sortes d’action de la Lune : une liée à la force de gravitation, une autre à l’électromagnétisme, et enfin une action biologique sur les plantes, les animaux marins, les insectes, les vers de terre, etc.

L’influence biologique sur nous peut être modifiée par nos croyances. En effet, il a été observé que croire aux effets de la Lune sur notre santé peut renforcer l’efficacité des traitements qui tiennent compte du calendrier lunaire. En tant qu’espèce humaine, cela fait effectivement trois à quatre millions d’années que nous sommes témoins des mouvements quotidiens du Soleil et de la Lune. Nos différents niveaux de conscience sont tellement imprégnés de leur présence que celle-ci est devenue incontournable.

Effets électromagnétiques

Au début des années 1990, une découverte fortuite au CERN (Centre européen de recherche nucléaire) à Genève a mis en évidence l’influence de la Lune sur l’énergie des électrons : leurs variations d’énergie correspondent exactement au rythme des marées, c’est-à-dire au cycle lunaire. N’oublions pas que, fait d’atomes et de molécules, notre corps se compose de myriades de nuages électroniques qui sont autant de récepteurs de l’influence lunaire.

Les radars astronomiques montrent l’existence des ondes électromagnétiques émises par le Soleil, la Lune et bien d’autres sources. À la pleine lune, les ondes qu’elle nous envoie sont aussi fortes que celles du Soleil. Celles-ci s’apparentent aux effets d’une « lampe » à micro-ondes, d’où le bien-fondé de la pratique ancienne de se protéger de la lumière de l’astre des nuits quand elle est forte. Rappelons que les micro-ondes chauffent surtout l’eau des aliments qui les reçoivent ; de même, les ondes de la Lune peuvent agir préférentiellement sur l’eau de notre corps. Ces rayonnements électromagnétiques influencent également notre production d’hormones : hypophysaires, thyroïdiennes, pancréatiques, etc. Des recherches sont en
cours sur l’action des ondes électromagnétiques sur notre cerveau et nos neurones, grâce à la stimulation transcrânienne par exemple.

Enfin, des scientifiques ont constaté que les polarités du champ électromagnétique lunaire varient avec les phases de notre satellite : électrique et négative en nouvelle lune ; magnétique et positive au premier quartier ; électrique et positive à la pleine lune ; magnétique et négative au dernier quartier. Cela peut expliquer pourquoi beaucoup de gens se sentent au « top » à la pleine lune et « à plat » à la nouvelle.

Effets gravitationnels

Si la Terre n’est pas parfaitement ronde, c’est parce que la force d’attraction de la Lune s’exerce sur la croûte et sur l’ensemble du globe terrestre. Cette action pouvant être jusqu’à deux fois plus importante que celle du Soleil, la Terre se déforme en fonction du cycle lunaire. Il est courant d’entendre dire
qu’elle a une forme « patatoïde ».

Les pleines lunes ainsi que les marées d’équinoxe sont beaucoup plus fortes
que les autres. Cela tient à la distance moindre entre la Terre et la Lune à ce moment-là. Aux marées marines bien connues s’ajoutent les marées terrestres. Quand il est suffi samment plastique, le sol monte et descend au passage de la Lune. À Paris, par exemple, l’amplitude est de quarante centimètres. Ces marées expliquent les craquements que l’on peut entendre dans beaucoup de maisons anciennes qui se déforment à leur passage, d’où l’importance de leur orientation, car la résultante n’est pas la même selon que c’est la longueur ou la largeur qui la subit le plus. Bien entendu, ce souci des contraintes matérielles est indépendant du souhait de privilégier l’ensoleillement de telles ou telles ouvertures.

À titre de comparaison, la variation du niveau des océans est de cinquante-huit centimètres. Ce chiffre paraît faible comparé à la hauteur de certaines marées sur nos côtes. Du fait d’une amplification due à la forme des côtes et des fonds marins qui les bordent, l’amplitude de certaines marées peut atteindre plusieurs mètres et provoquer de dangereux courants côtiers, rapides et puissants.

Le plus grand marnage observé en Europe se trouve dans la baie du Mont Saint-Michel. D’une amplitude moyenne de dix mètres, il peut atteindre quinze mètres lors de marées de vives eaux exceptionnelles ! Ce phénomène de résonance dû à la forme du littoral est également responsable de la modification régionale du rythme des marées : au lieu de deux basses mers et deux hautes mers par jour, il est en certains endroits du globe d’une seule de chaque.

La déformation terrestre due à la gravité lunaire influe également sur les eaux souterraines : les niveaux d’eau baissent quand le sol se dilate et montent quand il se contracte. Ce phénomène peut impacter directement l’activité de spéléologues, par exemple, mais aussi celle de certains puisatiers. De même, la force de gravité lunaire agit sur les liquides organiques : sang, lymphe, liquide amniotique… Il est aujourd’hui admis que nos cellules elles-mêmes connaissent un phénomène de micromarées intérieures. Notons que les changements de pression barométrique qui accompagnent les marées agissent eux aussi sur nos organismes.

Effets biologiques et assimilés

L’horloge interne des personnes isolées sous terre pendant une période relativement longue, sans lumière du jour, sans radio, sans heure, sans aucun point de repère temporel, se cale sur un rythme d’environ vingt-cinq heures par jour : ce cycle qui serait notre véritable rythme n’est pas solaire mais proche de la durée de la révolution lunaire autour de la Terre, à savoir vingt-quatre heures et quarante et une minutes. Certaines grandes entreprises ont appris à prendre en compte cette différence dans la gestion optimale de leurs personnels. Pour mémoire, le cycle féminin occidental correspond souvent au cycle de la Lune alors que celui des Indiennes est un peu plus long. Nous ignorons cependant la raison d’une telle différence.

Le corps humain est composé de 60 à 80% d’eau, selon l’âge et la personne. Un tiers de cette eau se trouve dans le sang, la lymphe et les autres liquides du corps ; les deux autres tiers sont contenus dans les cellules. L’eau du sang a les mêmes composants minéraux que l’eau de mer, c’est pourquoi l’eau de mer purifiée est un excellent reminéralisant dans lequel le corps peut prendre ce dont il a besoin.

Au siècle dernier le plasma marin de René Quinton, savant naturaliste, physiologiste et biologiste, fut utilisé dans le cadre de transfusions sanguines et pour soigner de graves maladies infantiles (choléra juvénile par exemple). À notre époque où les dons de sang sont périodiquement insuffi sants et risquent de l’être de plus en plus, il serait bon de s’en souvenir et de remettre ce produit en vigueur, car il a rapidement disparu après la mort de son inventeur en 1925. Il est encore prisé en hydrothérapie, notamment, et il eut sa place dans le dictionnaire Vidal jusqu’en 1975. Pour mémoire, le vrai sérum de ce nom est une solution colloïdale et non une simple solution saline, ce qui explique que l’eau de mer nécessaire à sa préparation ne peut être prélevée n’importe où et n’importe comment.

On le sait peu, de nombreux chirurgiens craignent d’opérer les jours de pleine lune en raison de l’augmentation du risque d’hémorragies. Les infirmières savent aussi que les piqûres saignent plus ce jour-là. En effet, le passage de la Lune agit sur le diamètre et le débit des capillaires sanguins. C’est notamment le cas de ceux du cuir chevelu : il est connu que la Lune croissante favorise la pousse des cheveux alors que la Lune décroissante favorise leur épaississement. Certains coiffeurs en tiennent compte et font des nocturnes en période de pleine lune.

La doctoresse en pharmacie Jeanne Rousseau, pionnière de la recherche sur l’eau en France, a également été présidente de l’association de bioélectronique Vincent. De son vivant, elle a mesuré les pH urinaires et salivaires de milliers de personnes et constaté qu’ils ont tendance à
diminuer en période de nouvelle lune et à augmenter lorsque la Lune est pleine. Cela pourrait expliquer l’augmentation des mycoses en période de nouvelle lune, quand le pH devient plus acide, et la prolifération des virus, microbes et parasites intestinaux (vers) en période de pleine lune, quand le pH devient plus alcalin. C’est aussi le meilleur moment pour les traiter.

Il n’en reste pas moins vrai que les effets de la Lune varient selon les individus : certaines personnes sont influencées par la pleine lune et d’autres pas du tout. Cependant la plupart des maternités, des hôpitaux psychiatriques et des postes de police se savent encore concernés par le cycle lunaire et surtout par la pleine lune, bien que tous ne soient pas d’accord sur ce point. De nos jours, la camisole chimique pour les uns, le déclenchement artificiel des accouchements pour les autres, faussent les statistiques. Mais le qualificatif de « lunatique » garde tout son sens.

Rappelons enfin que les médecines traditionnelles chinoise et indienne tiennent toujours le plus grand compte des phases de la Lune. Il est remarquable de constater que des traités datant de plusieurs siècles avant Jésus-Christ sont toujours d’actualité et que des recherches officielles en Chine et aux États-Unis visent à comprendre et à intégrer ces pratiques à nos médecines d’aujourd’hui.

Un enquêteur contemporain

Un médecin généraliste parisien, le docteur Henri Puget, a enquêté sur les effets supposés de la Lune et publié ses résultats. En trente années de pratique, il a constaté divers phénomènes liés au calendrier lunaire : nervosité, troubles du sommeil, saignements, parasites… Selon lui, les jours de pleine lune correspondent à une nette accentuation de ces maux. Dans son ouvrage Mieux vivre avec la Lune, facile à consulter, il fait part de l’enquête qu’il a menée pour vérifier l’influence de la Lune dans nos rythmes. Il liste également les problèmes auxquels nous sommes alors soumis et les solutions que propose la sagesse populaire. Ce médecin se plaît à nous rappeler que le mot toubib, apparu en 1898 dans le langage militaire colonial, vient d’un mot maghrébin qui signifi e aussi bien médecin que sorcier. Il est à rapprocher du terme africain toubab qui désigne un blanc en général. Pour la petite histoire, les remèdes de bonne fame (et non femme) sont des remèdes de bonne renommée qui tiennent souvent compte des rythmes de la nature. À nous d’avoir la sagesse et la liberté de les respecter… ou de les ignorer.